La participation aux travaux de la CNUDCI porte-t-elle atteinte à la souveraineté des États?
Les travaux de la CNUDCI affectent-ils la législation existante sur la protection des consommateurs?
Les travaux de la CNUDCI tiennent-ils compte des questions denvironnement?
Non. Que ce soit en tant que membre élu ou en tant quobservateur, les États participent à ces travaux de manière entièrement volontaire. Toutes les décisions de la CNUDCI, y compris celles se rapportant à son programme de travail, à lavancement de projets déterminés et à ladoption de textes, sont habituellement prises par consensus. Cest aux législateurs des différents États quil appartient ensuite de décider dutiliser ou non un texte législatif de la CNUDCI.
Non. Les textes de la CNUDCI sappliquent aux opérations commerciales entre entreprises et non aux opérations entre entreprises et consommateurs. Par exemple, la Convention des Nations Unies sur les contrats de vente internationale de marchandises (CVIM) ne régit pas les ventes de marchandises dont le vendeur sait quelles sont achetées pour un usage personnel, familial ou domestique. Elle ne sapplique pas non plus aux dommages corporels causés par les marchandises (art. 2 a) et 5). De même, la Loi type de la CNUDCI sur le commerce électronique nest censée se substituer à aucune règle de droit visant à protéger le consommateur (art. 1er, note de bas de page **). En tout état de cause, les États qui décident de transposer des textes législatifs de la CNUDCI dans leur droit interne peuvent soumettre ceux-ci aux dispositions concernant la protection des consommateurs dans la mesure quils jugent appropriée.
La plupart des textes de la CNUDCI ne se rapportent pas directement aux questions denvironnement. Toutefois, lorsquun sujet met en jeu la protection de lenvironnement, celle-ci est dûment prise en considération. Le Guide législatif de la CNUDCI sur les projets dinfrastructure à financement privé, qui a pour but dexposer aux législateurs nationaux les questions devant être prises en considération lors de lélaboration de lois régissant le financement de travaux dinfrastructure par des capitaux privés, indique clairement quil est généralement admis que des mesures de protection de lenvironnement sont indispensables à tout développement durable (chap. VII, par. 42).
Le Guide législatif mentionne la pratique reconnue dans certains États consistant à faire participer des représentants du public à la délivrance dautorisations environnementales et indique ce qui suit:
Ladhésion aux traités relatifs à la protection de lenvironnement peut contribuer à renforcer le régime international en la matière. Un grand nombre dinstruments internationaux ont été élaborés ces dernières décennies pour mettre en place des normes internationales communes. Lon peut citer notamment le programme Action 21 et la Déclaration de Rio sur lenvironnement et le développement, adoptés par la Conférence des Nations Unies sur lenvironnement et le développement tenue en 1992, la Charte mondiale de la nature (résolution 37/7 de lAssemblée générale, annexe), la Convention de Bâle de 1989 sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et de leur élimination, la Convention de 1991 sur lévaluation de limpact sur lenvironnement dans un contexte transfrontière; et la Convention de 1992 sur la protection et lutilisation des cours deau transfrontières et des lacs internationaux (Id., par. 44).