Quel est le mandat de la CNUDCI?
Quentend la CNUDCI par harmonisation et unification du droit commercial international?
Qui participe à lélaboration des textes de la CNUDCI?
Combien dÉtats sont membres de la CNUDCI?
Quels sont les groupes régionaux représentés au sein de la Commission?
Comment les intérêts des pays en développement sont-ils pris en considération par la CNUDCI?
La CNUDCI fait-elle partie de lOrganisation mondiale du commerce (OMC)?
Créée en 1966, la Commission des Nations Unies pour le droit commercial international (CNUDCI) est un organe subsidiaire de lAssemblée générale des Nations Unies chargé dencourager lharmonisation et lunification progressives du droit commercial international. Depuis sa création, elle a élaboré nombre de conventions, de lois types et dautres instruments ayant pour objet le droit matériel applicable aux opérations commerciales ou dautres aspects du droit des affaires qui ont une incidence sur le commerce international. Elle se réunit une fois par an, normalement lété, en alternance à New York et à Vienne.
Lharmonisation et lunification du droit commercial international désignent le processus délaboration et dadoption dun droit facilitant le commerce international. Certains facteurs, comme labsence de législation prévisible ou lexistence de lois obsolètes difficilement applicables à la pratique commerciale peuvent entraver le commerce international. La Commission des Nations Unies pour le droit commercial international recense ces problèmes puis élabore soigneusement des solutions acceptables pour des États ayant des systèmes juridiques et des niveaux de développement économique et social différents.
Lharmonisation peut être considérée comme un processus permettant de modifier les législations internes pour accroître la prévisibilité dans les opérations commerciales internationales. Lunification peut être définie comme ladoption par les États dune règle juridique commune régissant certains aspects de ces opérations. Par exemple, une loi type ou un guide législatif sont des textes destinés à harmoniser les législations internes, tandis quune convention est un instrument international adopté par les États pour unifier le droit au niveau international. La CNUDCI élabore, entre autres textes, des conventions, des lois types, des guides juridiques, des guides législatifs, des règlements et des aide-mémoire. En pratique, les notions dharmonisation et duniformisation sont très proches.
Les textes sont mis en chantier, rédigés et adoptés par la CNUDCI elle-même, cest-à-dire par les États qui en ont été élus membres en tant que représentants de différentes régions géographiques. Outre les 60 États membres, peuvent participer activement à lélaboration des textes dautres États (appelés États observateurs) ainsi que les organisations intergouvernementales et les organisations non gouvernementales internationales intéressées.
Contrairement à lAssemblée générale des Nations Unies, qui est composée de tous les États Membres de lONU, la CNUDCI, comme la plupart des organes subsidiaires de lAssemblée générale, compte un nombre plus restreint dÉtats afin de faciliter les délibérations. Elle était initialement composée de 29 États membres, mais ce nombre a été porté à 36 en 1973 puis à 60 en 2004. Les membres représentent les diverses régions géographiques et les principaux systèmes juridiques et économiques du monde. Ils sont élus pour un mandat de six ans et renouvelables par moitié tous les trois ans.
Ces groupes régionaux sont au nombre de cinq: les États dAfrique, les États dAsie, les États dEurope orientale, les États dAmérique latine et des Caraïbes, les États dEurope occidentale et autres États..
Aux termes de son mandat, la CNUDCI prend en considération les intérêts de tous les peuples, et particulièrement ceux des pays en voie de développement, en favorisant un large développement du commerce international (par. 9 de la résolution 2205 (XXI) de lAssemblée générale en date du 17 décembre 1966). Les membres de la Commission représentent différentes régions géographiques et sont élus par lAssemblée générale en tenant dûment compte de la représentation adéquate des principaux systèmes économiques et juridiques du monde, ainsi que des pays développés et des pays en voie de développement (Id., par. 1).
Les pays en développement participent activement tant à lélaboration quà ladoption des textes de la CNUDCI. De plus, la Commission et son secrétariat sattachent depuis longtemps et avec constance à fournir une formation et une assistance technique à ces pays, et lAssemblée générale soutient fermement leur action. Par exemple, dans sa résolution 55/151 du 12 décembre 2000, intitulée Rapport de la Commission des Nations Unies pour le droit commercial international sur les travaux de sa trente-troisième session, lAssemblée générale a notamment réaffirmé limportance, en particulier pour les pays en développement, de luvre que la Commission accomplit en matière de formation et dassistance technique dans le domaine du droit commercial international, comme laide à lélaboration de législations nationales fondées sur les textes juridiques issus de ses travaux.
Non. La CNUDCI est un organe subsidiaire de lAssemblée générale des Nations Unies. Son secrétariat est assuré par la Division du droit commercial international du Bureau des affaires juridiques du Secrétariat de lONU. LOMC, par contre, est une organisation intergouvernementale qui ne dépend pas de lONU.
Les sujets abordés par lOMC et par la CNUDCI sont différents. LOMC traite de questions de politique commerciale, telles que la libéralisation des échanges, labolition des obstacles au commerce et les pratiques commerciales déloyales, ou dautres questions similaires généralement liées au droit public, alors que la CNUDCI soccupe des règles de droit applicables aux sujets de droit privé dans les opérations internationales et nentre donc pas dans les questions intéressant les relations entre États, telles que la lutte contre le dumping, les droits compensateurs ou les contingents dimportation.